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Vendre un logement : les diagnostics obligatoires et leur portée

Amiante, plomb, électricité, termites, Carrez : quels diagnostics fournir selon le bien, leur durée de validité et ce qu'ils engagent pour le vendeur.

Par Claire Fontaine 4 min de lecture
Diagnostiqueur muni d'un casque et d'un presse-papiers dans un logement vide

Le dossier de diagnostic technique, ou DDT, doit être annexé à la promesse de vente et, à défaut, à l’acte authentique. Son absence n’annule pas la vente, mais elle prive le vendeur de la clause d’exonération des vices cachés sur le point concerné — ce qui revient à ouvrir une porte pendant plusieurs années.

Ce qui est exigé, et quand

Le DPE est requis pour tout logement. Valable dix ans, il doit figurer dès l’annonce.

L’amiante concerne les biens dont le permis de construire est antérieur au 1ᵉʳ juillet 1997. Si le constat ne relève aucune trace, il n’a pas de durée de validité. S’il en relève, une surveillance périodique s’impose.

Le plomb (constat de risque d’exposition au plomb) vise les logements construits avant 1949. Validité : un an si du plomb est détecté au-delà du seuil, illimitée sinon.

Les termites ne sont exigés que dans les zones délimitées par arrêté préfectoral — principalement le Sud-Ouest, le pourtour méditerranéen et la façade atlantique. Validité : six mois, ce qui impose de le commander au bon moment.

Le gaz et l’électricité sont obligatoires dès lors que l’installation a plus de quinze ans. Validité : trois ans. Ce sont, avec le DPE, les diagnostics qui déclenchent le plus de renégociations : un tableau électrique non conforme se chiffre vite.

L’assainissement non collectif concerne les biens non raccordés au tout-à-l’égout. Validité : trois ans. Si l’installation est non conforme, l’acquéreur dispose d’un an après l’acte pour la mettre aux normes.

L’état des risques et pollutions (ERP) recense les risques naturels, miniers, technologiques, sismiques et le potentiel radon. Validité : six mois. Il doit être remis dès la première visite depuis 2023.

Le mesurage Carrez s’applique aux lots de copropriété de plus de 8 m². Il n’a pas de durée de validité tant que le bien n’est pas modifié — mais une erreur de plus de 5 % ouvre droit à une réduction du prix proportionnelle.

Le diagnostic bruit s’ajoute pour les biens situés dans le plan d’exposition au bruit d’un aéroport.

Ce que le DDT engage vraiment

Un vendeur particulier peut s’exonérer de la garantie des vices cachés par une clause insérée à l’acte. Cette clause est inopérante sur tout ce que les diagnostics auraient dû révéler, et elle tombe purement et simplement si le vendeur connaissait le défaut et l’a tu.

Deux conséquences pratiques. D’abord, un diagnostic manquant coûte plus cher qu’un diagnostic défavorable. Ensuite, la tentation de « ne pas signaler » une infiltration connue est un très mauvais calcul : la preuve de la connaissance se déduit souvent d’un devis, d’un échange de courriels ou d’un procès-verbal d’assemblée générale.

Le coût et le calendrier

Comptez 400 à 800 € pour un pack complet sur un appartement ancien, davantage pour une maison avec assainissement autonome. Le diagnostiqueur doit être certifié et assuré ; demandez son attestation, c’est ce qui vous couvre en cas de contestation.

Anticipez : entre la prise de rendez-vous et la remise du dossier, comptez une à deux semaines. Les diagnostics à six mois de validité — termites, ERP — doivent en revanche être commandés au plus près de la signature, pas au début de la commercialisation.

Le cas particulier de la copropriété

Au-delà du DDT, le vendeur d’un lot doit remettre le carnet d’entretien de l’immeuble, les procès-verbaux des trois dernières assemblées générales, le règlement de copropriété et l’état daté établi par le syndic, ainsi que le montant des charges courantes et des travaux votés.

C’est souvent le maillon lent du dossier : l’état daté peut demander plusieurs semaines au syndic et son coût, plafonné, reste à la charge du vendeur. Lancez la demande dès la signature du compromis.

Ce que les diagnostics changent à la transaction

Le dossier de diagnostic technique n’est pas qu’une formalité administrative : il alimente directement la discussion sur le prix. Une installation électrique non conforme, la présence d’amiante dans un matériau qu’il faudra retirer, un métrage inférieur à celui annoncé sont autant d’éléments chiffrables, et les arguments qui portent réellement dans une négociation sont réunis dans négocier le prix d’un bien.

Ces documents doivent être annexés à l’avant-contrat, faute de quoi le délai de rétractation ne court pas — une subtilité développée dans compromis ou promesse de vente et dans rétractation et conditions suspensives.

L’état des risques mérite une attention particulière : il recense les arrêtés de catastrophe naturelle dont la commune a fait l’objet, information déterminante dans les zones exposées au retrait-gonflement des argiles, comme l’explique catastrophe naturelle et sécheresse.

Enfin, pour un lot de copropriété, ces diagnostics se doublent des documents du syndicat, dont la lecture est détaillée dans acheter en copropriété.

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